Une lame…dans une main, du sang qui glisse lentement, des lèvres, assoiffées, sauvages, absorbée la vie, ce souffle si fragile, donner un goût à une douleur trop intense pour la supporter, pourtant elle l’a supporte, pourquoi a t’elle si mal, il y en a d’autres qui l’ont vécu, ils n’ont pas l’air de souffrir autant ceux là, pourquoi ? Pourquoi pour elle c’est insurmontable, trop faible, trop égocentrique, trop aveugle, elle ne voit pas le pire, où peut être qu’elle l’a trop vu, elle ne sait pas en fait, elle ne se souvient pas. Une image…du bois qui se consument, lentement, lentement, et puis ces larmes, ses larmes, qu’elle sent le long de sa peau froide, ou ce sont les larmes qui sont froides ? elle ne sait pas, elle a oublié, elle voulait oublier plus, mais elle n’y arrive pas, elle s’en souvient, tous les jours, même si elle sourit, elle s’en souvient. Un rêve…il lui parle, qu’est ce qu’il dit, elle ne sait pas, elle espère, puis elle s’éveille, dans son lit, trempée de sueur, encore un rêve, rien de plus, ce sont toujours des rêves, jamais plus. Elle va oublier, elle voudrait. Ne pas voir, ne plus voir, ne pas avoir vu…

Traduzione

 Una lama… in una mano, del sangue che sgorga lentamente, delle labbra assetate, selvagge, assorbivano questo alito di vita così fragile, dare un sapore a un dolore troppo intenso da sopportare, eppure l’ha sopportato, perchè le fa così male, ce ne sono altre che l’hanno vissuto, non hanno l’aria di soffrire così tanto loro, perchè? Perchè per lei è così insormontabile, troppo debole, troppo egocentrica, troppo cieca, non vede il peggio, o forse ne ha visto troppo, infatti, non sa, non si ricorda. Un’immagine.. della legna che si consuma, lentamente, lentamente, e poi le lacrime, le sue lacrime, che si sente sulla fredda pelle, o sono le lacrime ad essere fredde? Non lo sa, lo ha dimenticato, voleva dimenticare di più ma non ci riesce, lei ricorda, sempre, ogni giorno, anche se sorride, lei se ne ricorda. Un sogno.. le parla, cosa dice, non lo sa, lei spera, e poi si sveglia, nel suo letto, imperlata di sudore, ancora un sogno, niente di più, sono sempre sogni, mai di più. Lei dimenticherà, lo vorrebbe. Non vedere, non vedere più, non aver visto..

 

 

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INNOCENCE

J’ai 6 ans et 3 mois. Je suis à la maison. Dans ma chambre toute rose avec des fleurs sur les murs.  J’ai ce truc en fer froid dans les mains. Le « pistolet » de papa. Il l’a oublié ce matin. Dans son tiroir. Il parait que c’est dangereux. Qu’on peut tuer des gens avec. C’est vrai. Je crois que Lisa est morte. Lisa c’est ma baby-sitter. Elle est allongée là. Devant moi. Elle bouge plus. C’est tout rouge sur ma moquette. Je sais pas si ça va partir avec le savon.

J’avais envie d’appuyer. C’était un peu dur d’appuyer. J’ai utilisé tous mes doigts. Lisa quand elle m’a vu avec le « pistolet » elle plus bougé. Je crois elle a vraiment eu peur. En fait je savais même pas ce que ça veut dire mourir. Alors je voulais voir. Mourir c’est quand on bouge plus et qu’on parle plus. Et que c’est tout rouge.

Il faudrait peut être que j’appelle Maman. Pour la prévenir. J’espère qu’elle va pas me gronder. Elle dit toujours à Papa « c’est pas bien que la gamine voit ça. C’est dangereux. ». Et puis sinon je dirai que c’est elle qui s’est fait ça toute seule. On verra ce que dit Maman en rentrant. Surtout sa tête. Si elle fronce les sourcils ou pas.

Et puis, c’est pas grave. J’aurai juste une nouvelle baby-sitter. De toute façon elle était pas très drôle Lisa. Elle me criait toujours dessus. Pour rien. C’est vrai que là elle crie plus. C’est bien. Je suis contente. Mais je m’ennuie un peu. Encore une heure avant que maman rentre. Je vais regarder la Tv. Les dessins animés. J’aime bien les dessins animés. Surtout quand y a plein de couleurs. Mais quand même qui va me faire mon goûter ? J’ai faim.

 TRADUZIONE

Ho 6 anni e 3 mesi. Sono a casa. Nella mia camera tutta rosa con i muri a fiori. Ho questa cosa in ferro freddo tra le mani. La «pistola» di papà. L’ha dimenticata sta mattina. Nel suo cassetto. Mi sa che è pericolosa. Ci si può uccidere la gente. Davvero. Credo che Lisa sia morta. Lisa è la mia baby-sitter. E’ sdraiata lì davanti a me. Non respira più. La mia moquette è tutta rossa. Chissà se se ne va col sapone.

Volevo premere. Era un pò duro da premere. Ho usato tutte le dita. Lisa quando mi ha vista con la «pistola» è rimasta senza fiato. Credo che abbia veramente avuto paura. In effetti non sapevo proprio cosa vuol dire morire. Allora volevo vedere. Morire è quando uno non respira più e non parla più. Ed è tutto rosso.

Forse dovrei chiamare la mamma. Per avvisarla. Sper che non mi sgridi. Lei dice sempre a papà «non va bene che la ragazzina la veda. E’ pericoloso.» E poi , altrimenti dirò che lai ha fatto tutto da sola. Vediamo cosa dice la mamma quando rientra. Soprattutto la testa. Se aggrotta o no le sopracciglia.

E poi non è grave. Avrò solo una nuova baby-sitter. In fondo non era così divertente Lisa. Mi urlava sempre dietro. Per niente. Ecco, adesso là non urla più. Meglio. Sono contenta. Ma mi annoio un pò. Manca ancora un’ora prima che la mamma ritorni. Guarderò la TV. I cartoni animati. Mi piacciono i cartoni animati. Soprattutto quando sono tutti colorati. Si, però, chi mi fa da mangiare? Ho fame.

 

Une lame…dans une main, du sang qui glisse lentement, des lèvres, assoiffées, sauvages, absorbée la vie, ce souffle si fragile, donner un goût à une douleur trop intense pour la supporter, pourtant elle l’a supporte, pourquoi a t’elle si mal, il y en a d’autres qui l’ont vécu, ils n’ont pas l’air de souffrir autant ceux là, pourquoi ? Pourquoi pour elle c’est insurmontable, trop faible, trop égocentrique, trop aveugle, elle ne voit pas le pire, où peut être qu’elle l’a trop vu, elle ne sait pas en fait, elle ne se souvient pas. Une image…du bois qui se consument, lentement, lentement, et puis ces larmes, ses larmes, qu’elle sent le long de sa peau froide, ou ce sont les larmes qui sont froides ? elle ne sait pas, elle a oublié, elle voulait oublier plus, mais elle n’y arrive pas, elle s’en souvient, tous les jours, même si elle sourit, elle s’en souvient. Un rêve…il lui parle, qu’est ce qu’il dit, elle ne sait pas, elle espère, puis elle s’éveille, dans son lit, trempée de sueur, encore un rêve, rien de plus, ce sont toujours des rêves, jamais plus. Elle va oublier, elle voudrait. Ne pas voir, ne plus voir, ne pas avoir vu…